La Rue qui nous sépare : rencontre avec l’autrice Célia Samba
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La Rue qui nous sépare : rencontre avec l’autrice Célia Samba

Le 13 janvier 2021

Comme vous le savez sûrement La Rue qui nous sépare, roman gagnant du concours d’écriture Nos Futurs, sort le 20 janvier 🥰

Pour celles et ceux qui ont du retard voici le résumé :

Noémia a dix-neuf ans, Tristan vingt et un. Ils se croisent tous les jours, ils se plaisent, c’est évident. Mais Noémia est étudiante et Tristan est sans-abri. Entre eux, il y a le froid, la société ; entre eux, il y a la rue… qui pourrait se révéler difficile à traverser.

En attendant sa sortie on vous propose d’en apprendre plus sur son autrice, Célia Samba, à travers une interview exclusive !

Nous avons organisé début octobre une rencontre entre Gilles et Margaux, membres de l’association La Cloche, et Célia.

Ce partenariat fait que pour chaque exemplaire de La Rue qui nous sépare vendu 1€ sera versé à l’association.

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Nous avons évoqué l’écriture, ses inspirations, le partenariat avec l’association, et voilà ce qu’elle nous a répondu :

Comment t’est venue l’idée de faire un livre sur ce sujet ?

C’était en 2013, j’étais en première. J’ai toujours vécu à Paris donc je croise tous les jours des gens qui mendiaient dans la rue, cela faisait partie de mon quotidien. Mais c’est quelque chose qui ne m’a jamais semblé normal et qui m’interrogeait. Est-ce que moi, fille de 14-15-16 ans, je pouvais y faire quelque chose ? Sachant que mes parents me donnaient 5 euros d’argent de poche par mois, j’avais pas la possibilité de faire énormément. Mais on m’a toujours dit c’est pas grave, tu peux leur sourire, leur parler, aller vers eux, c’est déjà beaucoup. Un soir, comme dans le premier chapitre de La Rue qui nous sépare, c’était à Noël j’ai vu un monsieur d’une trentaine d’années au coin de la rue alors que je rentrais chez moi, et je me suis dit “je vais lui offrir une crêpe” et c’est ce que j’ai fait. Et pour l’anecdote il avait un bonnet Pikachu.

Suite à cette rencontre je me suis dit que cela pourrait être intéressant d’écrire dessus, car cette scène là il a dû la vivre tellement autrement, qu’il y a un tel monde entre nous. J’ai eu envie d’exprimer et explorer cette différence- là, à travers l’écriture et de là est née l’histoire qui s’est développée ensuite au fil des années.

Du coup, tu travailles sur ce roman depuis 2013 ?

Je l’ai commencé en 2013 avec comme idée d’en faire une nouvelle sur l’intériorité des deux personnages (cette jeune fille et le jeune homme sans-abri) et comme beaucoup des projets de mon adolescence il a fini dans un tiroir. Je l’ai ressorti en 2018 et je me suis dit qu’il fallait que je le finisse. Une fois fini, je me suis rendue compte que c’était pas du tout une nouvelle et qu’il valait le coup que je le peaufine et retravaille. Je ne pensais pas qu’il irait jusque là.

Et quand tu as vu le concours Nos futurs ?

Je venais de le finir, globalement. Enfin je l’avais fini peut-être trois mois avant mais c’est surtout que j’ai connu le concours tard (en mars) donc j’ai proposé le texte 10 jours avant la fin. Je me suis dit que le thème collait parfaitement, donc pourquoi pas !

Peux-tu nous parler de ton processus d’écriture sur La Rue qui nous sépare ?

J’ai commencé par le début et je suis arrivée à la fin. J’ai repris le début et j’ai réécris. Je suis arrivée à la fin et ainsi de suite.  Beaucoup de fois. Entre le moment où j’ai commencé et le moment où je l’ai soumis au concours je dirais 3 ou 4 fois, dont une où j’ai repris en profondeur. Et depuis au moins 5, 6 fois.

Est-ce que tu es satisfaite du roman qui va paraître ?

Je crois que je commence à comprendre et savoir qu’on ne fait rien de parfait. (Rires)

Est-ce que tu avais prévu le déroulement du roman avant de commencer ou pas du tout ? Et la fin ? (spoiler alert)

Je savais globalement où j’allais, après comme c’est mon premier roman il me manquait encore certains clés pour notamment travailler mes personnages. J’ai donc du modifier certains éléments pour qu’ils soient plus vivants, plus entiers. Pour ce qui est des deux fins, seule la deuxième était prévu car je suis une grande romantique mais quand je suis arrivé au point basculant l’autre fin était plus logique.  J’avais pas envie d’abandonner l’une ou l’autre du coup j’ai demandé à mon chéri qui m’a dit d’écrire les deux et c’est ce que j’ai fait.

Quel.lle.s sont les auteurices qui t’ont inspirée ou qui t’inspirent ?

Je lis plus beaucoup mais quand j’étais adolescente il y avait Jean-Claude Mourlevat (auteur de La Rivière à l’envers) en littérature jeunesse qui m’a beaucoup inspirée et que j’ai eu l’occasion de rencontrer d’ailleurs. Il m’avait encouragée à me lancer dans l’écriture, cela m’a beaucoup marqué. Après il y a Delphine de Vigan avec No et moi qui m’a aussi marqué lorsque j’avais 13-14 ans, et Robert Muchamore qui a écrit Cherub. Je me disais, est-ce qu’un jour faire autant rebondissements dans une aventure ce sera possible ? C’est génial !

Est-ce que tu as envie de continuer à écrire ?

Oui ! Et je crois que même si j’en avais pas envie je continuerais (rires).

Et toujours dans le quotidien, avec de la romance ou essayer d’autres styles ?

La romance en général, elle est toujours un peu là de près ou de loin quand j’écris sauf quand il s’agit d’écrits plus autobiographiques. Mais oui j’ai toujours envie de continuer à écrire, toujours dans le réalisme, mais après La Rue qui nous sépare où c’était assez dur, s’informer sur des sujets aussi difficiles, écouter des histoires tragiques, j’ai vraiment ressenti le besoin d’écrire des choses plus légères, et de m’échapper du réel. Du coup j’ai écrit une histoire fantastique complétement loufoque et je me suis beaucoup amusée avec, mais je reviendrai surement à du réel et du réalisme après.

Qu’est-ce que tu aimerais que les gens retiennent de La Rue qui nous sépare ?

Si La Rue qui nous sépare pouvait les faire réfléchir, se questionner sur le regard qu’ils portent sur les personnes qui vivent dans la rue. Voilà si ce roman peut faire naitre une réflexion et voir un changement de regard ce serait déjà très bien.

Que représente le partenariat avec La Cloche pour toi ?

Pour moi ce partenariat c’est une grande joie parce que quand j’ai écris ce roman j’espérais vraiment qu’il puisse avoir un impact, même minime, et pousser les personnes qui le liraient à changer leur regard sur les personnes qui souffrent de précarité. Quand vous m’avez proposé ce partenariat avec La Cloche, c’était plus que ce j’aurais pu espérer. C’est vraiment l’esprit que je voulais donner à ce roman.

 

Voilà vous savez, presque, tout sur Célia Samba, l’autrice de La Rue qui nous sépare en librairie le 20 janvier !

Alors, conquis.e ?😉

 

A très vite,

Prenez soin de vous ❤

 

L’équipe Hachette Romans

 

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