Accueil du site > Vos Fans Fictions > Concours fan fiction Intruse > vengeance sur valse à 3 temps !
Que va-t-il arriver à Fanny, la jeune corsetière que l’amour a poussé à s’introduire clandestinement à la Cour de Vienne ? Car une corsetière n’a pas le droit de côtoyer les Grands des Cours européennes… Encore moins quand les batailles diplomatiques y font rage pour instaurer la paix en Europe !
C’est désormais à toi d’écrire l’Histoire ! Invente la suite de l’extrait (cliqueici pour le lire) en respectant le style de narration (usage de la troisième personne du singulier) et gagne peut-être un exemplaire dédicacé d’ Intruse !
Les gagnants seront désignés par un système de vote : tu peux désigner tes fan fictions préférées en notant les différentes fan fictions participantes. Les 15 fan fictions ayant les meilleures notes seront ensuite envoyées à l’auteur, Nicolas Jaillet, qui en choisira 10 parmi elles. Les gagnants recevront un exemplaire dédicacé !
Le concours prend fin le 27 janvier à minuit.
Attention : en ce qui concerne les commentaires sur les fan fictions, la courtoisie est de mise ! Aucune menace ni attaque ne seront acceptées ! Les critiques sont les bienvenues, mais quand elles sont construites et non purement gratuites et méchantes.
Par MagdaLena le 27/01/2010
Le jeune homme avait à peine fait 3 pas dehors que l’impétueuse corsetière, trop libre, curieuse et indépendante que pour obéir à quiconque, fut-ce son cher Martin, se glissait hors du petit salon et le suivait discrètement, rasant les murs et se dissimulant dans les multiples recoins sombres qu’offrait le château viennois ! Son amant, à grands pas pressés, semblait nerveux et courrait presque vers des appartements situés dans l’autre aile de l’imposant bâtiment.
Soudain, une main agrippa son épaule et un homme hurla dans son oreille de sa puissante voix de ténor : "Qu’attendez-vous pour filer en cuisine, espèce d’incapable, le service va commencer ! Hâtez-vous, voyons." Elle fut contrainte de rebrousser chemin mais n’exécuta pas les ordres pour autant, elle tâcha de rejoindre par d’autres détours les portes que Martin semblait vouloir atteindre. Mais, imaginez les volées d’escaliers de marbre qui serpentaient de toutes parts, les petits couloirs et portes dérobées destinées aux personnel et les grandes entrées décorées de mille et un miroirs, dorures et autres lustres de cristal, brillant de mille feux, Fanny, malgré un infaillible instinct et un sens de l’orientation digne des meilleurs pigeons voyageurs, se perdit dans ce dédale et aboutit dans un petit réduit destiné, à l’odeur, aux menteaux, capes et autres habits de la sorte. Elle entrebailla l’autre porte et s’appretait à sortir discrètement pour regagner le salon où Martin l’attendait, estimant ses mésaventures suffisantes pour la journée, lorsque les bruits d’une conversation animée l’intriguèrent.
Fanny reconnut sans peine l’homme qui était venu la voir pour lui raconter tous ces mensonges à propos de Martin. Il tonnait et vociférait d’une voix forte contre le jeune homme qui lui faisait face et qui, même de dos, n’était que trop reconnaissable pour la pauvre jeune fille. Fanny était désemparée. Ainsi, son cher et tendre amoureux lui avait menti, il connaissait bien cet homme. Elle tendit l’oreille, le coeur déchiré par ce mensonge.
"Frédéric, je ne vous permets pas de déshonorer votre rang et de bafouer le nom de notre famille. Vous avez le devoir de respecter nos traditions et de suivre l’éducation et les règles qui régissent votre statut social. Je ne vous laisserai pas..."
Il fut coupé par Martin, fou de rage, qui rétorqua tout aussi violemment :
"Père, j’entends mener ma vie privée comme je le désire et je ne vous laisserais pas interférer dans mes relations avec qui que ce soit. Ne pouvez vous comprendre ma lassitude face à toutes ces courbettes et ces flatteries hypocrites. Je ne supporte plus la vie à la cour et cette demoiselle m’apporte de la liberté et un peu de sincérité."
"Vous croyez peut-être cette histoire romantique : le vicompte et la corsetière, cela sonne bien, n’est-ce pas !", ricana-t-il, moqueur.
Fanny, toujours cachée avit suivi l’échange, mortifiée. Ainsi c’était vrai, il la menait en bâteau depuis le début. Elle n’en revenait pas. Lorsqu’elle reprit ses esprits, elle se rendit compte qu’elle avait manqué la fin de leure dispute et que le père de Martin, enfin Frédéric, était sorti, prenant congé, à bout de patience. La jeune fille sortit de sa cachette, rouge de colère et de honte. Son compagnon complètement perdu et secoué semblait déboussolé. Il ne semblait pas prendre conscience de la situation jusqu’à ce que Fanny lui colle une giffle retentissante. Elle tempêta longuement, sourde à ses protestaions, prières et caresses. Finalement, à bout de souffle et de jurons, il faut bien l’avouer, elle se laissa tomber dans un fauteuil la mine boudeuse et à une distance respectable de celui qui l’avait trahie.
Leurs éclats de voix avaient attiré un couple devant leur porte entrebaillée. L’homme éloignant sa compagne sous un quelconque prétexte, entra après avoir frappé quelques délicats coups sur le montant délicatement sculpté de la porte. La scène qui s’offrait à lui était des plus amusante. Une jeune fille en vêtements d’homme, échevelée et rouge de fureur semblait volontairement nier un jeune homme découragé à la mine triste. Il retint un sourire et s’avança. La jeune fille leva les yeux vers lui et reconnaissant le tsar au visge connu du monde entier, lui lança un long regard. Il put y lire stupeur, honte et respect jusqu’à ce qu’elle se lève et plonge dans une révérence que son habit de valet rendait cocasse. Il la releva et s’adressa à Frédéric.
"Mon cher vicompte, présentez-moi donc votre amie, il me serait agréable d’entendre ce qui l’a menée jusque dans vos appartements."
Celui-ci ne savait plus où se mettre, ne sachant pas mentir, il s’appretait à recevoir une seconde salve de réprimandes quand le tsar apprendrait la vérité : "Fanny est une jeune corsetière de ma connaissance et elle est venue ici m’exprimer son... mécontentement face à certains points sur lesquels nos avis discordent." La dite corsetière reniffla de mépris à ces mots, se détournant de celui qu’elle avait aimé.
Le tsar se divertissant immensément de la situation pria le jeune homme de fournir à sa compagne une tenue plus digne, ce que celui-ci s’empressa de faire, ravi de s’échapper un instant de la pièce lourde de tension. Le tsar, qui avait manifestement tout compris de la situation sourit largement à Fanny et lui fait cette surprenante proposition : "Ma chère, je crois pouvoir vous aider. Nous allons rendre ce jeune vicompte vert de jalousie, faites moi confiance." "Mais pourquoi voudriez-vous aidez quelqu’un comme moi, je ne suis pas de votre monde ?" "Chère amie, les occasions de s’amuser sont rares lorsque l’on dirige un tel empire et vous êtes d’une compagnie tout à fait charmante en plus de m’offrir une soirée incroyablement divertissante." Fanny ne put s’empêcher d’ébaucher un sourire puis elle prit des mains de Frédéric, revenu à l’instant, la superbe parrure et s’en fut se vêtir.
Quelques instants plus tards, elle se trouvait prête à valser, radieuse et ravissante, au bras d’un des hommes les plus puissants de la terre - et qui était il ne le savait pas encore, tombé lui aussi sous son charme- et s’appretant à assister à son premier et probablement unique bal sans se douter qu’elle serait dès lors la source de tous les potins de la cour qu’elle allait largement alimenter et qu’elle deviendrait le point de mire de tous les regards de la noblesse présente ce soir-là. Encore sereine pour quelques secondes, elle savourait pleinement sa vengeance...
