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L'événement

Qui se cache derrière « Rouge de sang » ?

28/01/2009


Rouge de sang est le premier roman d’Alice Alénin, un pseudonyme sous lequel se cache une magnifique aventure d’écriture ! Découvre dans l’interview ci-dessous comment quatre amies de lycée ont écrit ensemble leur premier livre, et comment elles se sont fait publier !

Et pour en savoir plus sur Rouge de sang, clique ici.

Et si toi aussi tu as envie d’écrire, encore un peu de patience, nous ouvrirons bientôt un forum où tu pourras soumettre tes idées d’écriture et en parler avec les autres.

1/ Vous êtes l’auteur d’un premier roman, Rouge de Sang, qui a une particularité puisqu’il paraît sous un pseudonyme, celui d’Alice Alénin. Pouvez-vous nous dire qui se cache derrière ce pseudonyme ?
Derrière ce pseudonyme, il y a quatre amies de lycée. Nous étions dans la même classe depuis plusieurs années, et très proches, quand nous nous sommes lancées ensemble dans cette aventure… l’année du bac !

2/ Votre roman évoque l’histoire de la Commune, comment et pourquoi avoir choisi cette thématique ?

Tout est né d’une recherche historique que nous avons eu à faire pour le lycée. Le sujet était libre, et nous avions choisi la Commune. Nous ne connaissions pas grand-chose à cette période mais, spontanément, elle nous attirait. Une révolution, de l’enthousiasme, des chansons, des poèmes, une guerre, des tragédies… c’est une époque assez mal connue et pourtant passionnante, très romanesque. C’est de nous être plongées ainsi dans cette période qui nous a, ensuite, donné envie d’en faire un livre !

3/ Avez-vous fait des recherches documentaires sur cette période historique avant de commencer l’écriture ?

L’idée même d’écrire ce roman est né des recherches sur la Communes que nous avions faites pour nos cours, donc, oui, nous avions déjà un bon aperçu de l’époque avant de commencer à écrire. Cela dit, de nombreuses recherches complémentaires ont été nécessaires au fur et à mesure, car le roman ne se situe pas en 1871, mais en 1888. Nous avons lu des quantités de livres, d’articles, sur les personnages, les événements, les mœurs ou les costumes de l’époque. Nous avons également bénéficié de l’aide de nos professeurs de l’époque. Cela dit, Rouge de Sang reste une œuvre de fiction, et, à ce titre, sujette à certains anachronismes : par exemple, le personnage d’Aurore est quand même bien moderne pour une jeune fille du XIXe siècle ; il ressemble peut-être plus à ce que nous étions, en 2005, qu’à une jeune bourgeoise de 1888 ! En outre, il est impossible d’écrire un roman complètement véridique sur le plan historique : il faudrait des semaines de recherche, par exemple, pour savoir où était Louise Michel tel jour, à telle heure, comment elle était habillée, à qui elle a parlé… Il y a nécessairement une part d’inventions, qui viennent compléter les recherches.

4/ Comment l’intrigue est elle née de 4 voix différentes ?

L’idée générale de l’intrigue (une jeune fille retrouvant la trace de ses parents, des révolutionnaires tués pendant la Commune), m’est venue spontanément, un jour, quand je pensais aux recherches scolaires que nous avions faites sur la Commune. J’ai immédiatement eu le prologue en tête, et très hâte de l’écrire ! J’ai alors essayé de convaincre mes amies de se lancer avec moi dans ce projet. Le reste de l’intrigue est née de notre imagination à toutes les quatre. Nous nous réunissions de temps en temps pour échanger nos chapitres, faire des recherches complémentaires, et imaginer l’histoire. L’intrigue est probablement ce qui est le plus facile à faire à quatre dans un roman : les idées se nourrissent mutuellement, s’enrichissent, et il est beaucoup plus aisé d’écarter une mauvaise piste ou de sortir d’une impasse. Nous commencions par trouver une idée « générale » puis nous élaborions un plan, chapitre par chapitre, afin d’être certaines de ce que nous devions chacune écrire… Il fallait surtout éviter de se contredire ou de se répéter !

5/ Techniquement quelle a été votre organisation afin que chacun trouve sa place dans l’écriture du roman ?

Lorsque j’ai proposé le projet à mes co-auteures, j’avais déjà en tête une façon précise de fonctionner. Le principe était de ne surtout pas écrire chacune quelques chapitres, mais de corriger le travail les unes des autres, afin que le roman soit assez homogène. Pour cela, j’ai imaginé une division de chaque chapitre assez « technique » : dialogues, (c’est à dire les répliques, comme dans une pièce de théâtre), scènes d’action (tous les passages où il n’y a pas de parole), transitions (tout ce qui faisait le lien entre les éléments, comme par exemple les pensées des personnages pendant le dialogue), et correction. Pour chaque chapitre, chacune d’entre nous était responsable d’une de ces parties, et nous tournions à chaque fois. Cela peut paraître compliqué, mais, au fond, c’était assez simple ! Vous trouverez un peu plus loin un exemple de brouillons successifs qui ont, sur ce principe, menés à l’élaboration du chapitre 1.

6/ Combien de temps avez-vous mis à l’écrire ?

La mise au point du manuscrit a duré environs quatre mois. Nous nous réunissions à peu près toutes les semaines ; chacune de nous travaillait sur deux chapitres par semaine, puis nous nous les échangions. Après ce premier travail d’écriture, relectures et corrections ont également duré deux mois. Ensuite, une fois qu’Hachette a accepté de publier Rouge de Sang, j’ai été amenée à retravailler encore plusieurs fois certains passages du roman, en suivant les conseils de notre éditrice, Virginie Leproust. Ce fut très intéressant d’avoir un regard critique, professionnel, sur notre travail !

7/ Quelle a été la chose qui vous est apparue la plus dure dans le processus d’écriture ?

La plus grande difficulté est venue du fait que nous n’avions pas nécessairement toutes les mêmes objectifs ni les mêmes exigences. À un moment, nous nous sommes trouvées confrontées à la question suivante : écrivions-nous une histoire « pour nous », sans nous soucier vraiment de la qualité littéraire, ou essayions-nous d’écrire un « vrai » roman, digne d’être soumis à des éditeurs ? Le fait que nous étions amies a probablement encore compliqué les choses : il est plus difficile de corriger ou de critiquer le travail de quelqu’un qui vous est proche que celui d’un collègue !

8/ Quels sont les avantages d’une écriture à quatre voix ?

Ils sont énormes ! D’abord, le travail est beaucoup plus amusant ; construire l’intrigue a quelque chose d’un jeu. De plus, cela permet de ne pas se décourager, de ne pas remettre à plus tard le travail, de ne pas glisser le manuscrit dans un tiroir et de l’y oublier… Enfin, cela permet d’avoir toujours un regard sur son travail, de discuter, d’échanger, de progresser. Les imaginations et les styles se nourrissent les unes les autres.

9/ Comment avez-vous réussi à être publiées ?
Lorsque il a été achevé, j’ai envoyé le manuscrit à une première maison d’édition, à tout hasard. Quand la lettre de refus est arrivée, quelques semaines plus tard, cela ne m’a pas vraiment surprise. Ensuite, j’ai eu beaucoup de travail et peu de temps pour repenser à Rouge de Sang. Mes co-auteures, de leur côté, n’ont pas non plus entrepris de démarches pour être publiées. Ce n’est que deux ans après la fin de l’écriture de Rouge de Sang que j’ai envoyé le manuscrit à un second éditeur, Hachette Jeunesse. J’y croyais tellement peu que je n’avais même pas joint de lettre au manuscrit, seulement mon adresse et mon mail ! Quelle surprise, quelque semaines plus tard, de recevoir un mail de réponse. Une éditrice me disait avoir « pris connaissance avec beaucoup de plaisir de votre roman », et songer, éventuellement, à le publier ! J’ai appelé mes co-auteures, et nous étions toutes les quatre aussi étonnées que ravies. Le processus d’édition a pris plus d’un an entre ce premier contact et la publication du roman !

10/ Avez-vous envie de continuer à écrire toutes les quatre ?
Non, nous n’avons pas l’intention d’écrire un autre roman. Nous avons écrit Rouge de Sang à dix-sept ans, et, aujourd’hui, nous ne vivons plus dans les mêmes villes, et nous avons toutes bien d’autres projets ! Cela dit, écrire ce livre a vraiment été pour nous toutes une expérience unique et passionnante.

Extraits des brouillons de Rouge de Sang.
Écriture à quatre mains du début du chapitre 1.


Étape n°1 : les dialogues (auteur n°1)
Jean Lacrole : Bonjour, Madame Delambre. Serait-ce Aurore ? La merveilleuse jeune femme dont vous m’avez parlé ?
Sophie Delambre : Oui, en effet, monsieur.
Jean Lacrole : Je vois que vous ne m’aviez pas menti : elle aussi séduisante que vous me l’aviez laissé penser. Pardonnez-moi, Mademoiselle Delambre, je ne me suis pas présenté à vous, je suis Jean Lacrole, c’est à mon père qu’appartiennent les trois plus grandes usines de la ville. Et dans quelques mois, je serais en mesure de lui succéder dans cette lourde tâche.
Sophie Delambre : Vous êtes un homme extrêmement ambitieux, monsieur Lacrole. N’est-ce pas, Aurore ?
Aurore : Il est vrai que cela paraît être un travail éprouvant et difficile.

Étape n°2 : les scènes d’action (auteur n°2)
Le rideau venait de se fermer, les spectateurs ne cessaient d’applaudir. Aurore avait remarqué pendant la représentation que certains spectateurs installés à l’orchestre n’avaient pas porté beaucoup d’attention à la pièce. Bien que d’habitude, elle ait l’habitude de prendre beaucoup de plaisir à fréquenter le théâtre avec son oncle et sa tante, cette soirée fut quelque peu différente. C’était ce soir qu’elle devait rencontrer ce jeune homme qui, d’après sa tante, était formidable. Le théâtre était tout simplement splendide. Tout orné de somptueuses décorations. La lumière qui se dégageait des bougies rendait le théâtre encore plus féérique.

Étape n° 3 : les transitions (auteur n°3)
Le rideau venait de se fermer, les spectateurs ne cessaient d’applaudir. Aurore avait remarqué pendant la représentation que certains spectateurs installés à l’orchestre n’avaient pas porté beaucoup d’attention à la pièce. Bien que d’habitude, elle ait l’habitude de prendre beaucoup de plaisir à fréquenter le théâtre avec son oncle et sa tante, cette soirée fut quelque peu différente. C’était ce soir qu’elle devait rencontrer ce jeune homme qui, d’après sa tante, était formidable. Le théâtre était tout simplement splendide. Tout orné de somptueuses décorations. La lumière qui se dégageait des bougies rendait le théâtre encore plus féérique.
Lorsqu’elle sortit de ses pensées, Aurore s’aperçut que son cœur battait la chamade. Que faudrait-il faire, pour faire bonne figure ? Elle vit soudain son fiancé entrer dans la loge, accompagné de son oncle.
« Bonjour, Madame Delambre. Serait-ce Aurore ? La merveilleuse jeune femme dont vous m’avez parlé ? »
Il regardait Aurore d’un air si doux qu’elle avait l’impression d’être devenue véritablement importante. Sa tante paraissait très excitée…
« Oui, en effet, monsieur.
— Je vois que vous ne m’aviez pas menti : elle aussi séduisante que vous me l’aviez laissé penser. Pardonnez-moi, Mademoiselle Delambre, je ne me suis pas présenté à vous, je suis Jean Lacrole, c’est à mon père qu’appartiennent les trois plus grandes usines de la ville. Et dans quelques mois, je serais en mesure de lui succéder dans cette lourde tâche.
— Vous êtes un homme extrêmement ambitieux, monsieur Lacrole. N’est-ce pas, Aurore ?
— Il est vrai que cela paraît être un travail éprouvant et difficile. » Aurore se sentait de trop, elle avait l’impression d’étouffer. Mais le jeune homme semblait si gentil, et puis, elle ne pouvait faillir à son devoir de jeune fille de bonne famille.

Étape n°4 : les premières corrections (auteur n°4)
Le théâtre des Variété était splendide : tout n’y était que dorures, décors ouvragés, fresques… Aurore contemplait avec délice cet univers étincelant, éclairé par un immense lustre qui scintillait au plafond… Même les spectateurs semblaient avoir été créés pour aller avec le décor.
Se sentant soudain observée, Aurore détourna la tête. Son regard effleura les différents étages de loge qui bordaient la salle de théâtre, la scène, tout en bas, avant de se poser sur les spectateurs installés à l’orchestre. Elle ne s’était pas trompée, un jeune homme l’observait de son siège, ses jumelles de théâtre devant les yeux. Ainsi, c’était lui, ce jeune homme si bien dont lui avait tant de fois parlé sa tante, et qu’elle désirait lui voir épouser… Soudain, elle fut tirée de sa gêne par un tonnerre d’applaudissements : le rideau se baissait ; c’était l’entracte. À présent, son cœur battait la chamade : dans quelques instants, elle se trouverait face à son futur fiancé. Il s’appelait Jean Lacrole, était riche et promis à une brillante carrière. Mais comment faire bonne figure ? Quelle attitude adopter ? Soudain, la porte de la loge s’ouvrit sur un jeune homme blond et avenant d’une trentaine d’années. Un sourire aimable aux lèvres, il salua la famille installée dans la loge. Il regardait Lou avec un air si doux qu’elle avait l’impression d’être devenue véritablement importante. Sa tante paraissait très excitée…
« Ma nièce, dit son oncle, je te présente Monsieur Lacrole. Tu as probablement entendu parler de son père, qui possède ces grosses usines d’acier… et auquel il succédera prochainement.
— Voilà qui est très courageux, fit remarquer Sophie Delambre. N’est-ce pas, Aurore ?
— Il est vrai que ce doit être un travail éprouvant, et difficile. »

Étape n°5 : manuscrit corrigé envoyé à l’éditeur (auteurs 1, 2, 3, 4)
Avril 1888. Le théâtre des Variétés était splendide : la salle, jonchée de dorures, de sourires, de velours écarlate et de bijoux étincelants, frémissait de vie et de gaieté. Aurore contemplait avec délice cet univers radieux, éclairé par un immense lustre qui scintillait au plafond. Les spectateurs semblaient avoir été assortis au décor. Se sentant soudain observée, elle détourna la tête. Son regard effleura les étages de loges superposées qui bordaient la salle de théâtre, puis la scène, tout en bas, avant de se poser sur les spectateurs installés à l’orchestre. Elle ne s’était pas trompée. Un jeune homme l’observait de son siège, ses jumelles de théâtre devant les yeux. Rougissant légèrement, Aurore se força à reporter son attention sur le spectacle, où deux jeunes fiancés bavardaient avec émotion sous le regard attendri de leurs parents. Mais elle ne pouvait cesser de penser à ce mystérieux observateur. Ainsi, c’était lui, ce jeune homme si bien dont lui avait tant parlé sa tante, et qu’elle désirait lui voir épouser… Un regard furtif permit à Aurore de s’apercevoir qu’il la regardait toujours. Ne sachant que faire, ni quelle contenance adopter, elle se contenta de fixer les acteurs comme si elle n’avait rien remarqué. Soudain, elle fut tirée de sa gêne par un tonnerre d’applaudissements : le rideau se baissait ; c’était l’entracte. A présent, son cœur battait la chamade : dans quelques instants, elle se trouverait face à son futur fiancé. Il s’appelait Jean Lacrole, était riche et promis à une brillante carrière. Elle ne savait comment faire bonne figure, elle qui n’avait jamais été qu’une jeune fille très quelconque. Certes, on la disait jolie, mais combien de fois ne lui avait-on reproché ses mauvaises manières et sa façon trop directe de s’exprimer ?
Soudain, la porte de la loge s’ouvrit sur un jeune homme blond et avenant d’une trentaine d’années. Vêtu avec recherche, il était plutôt beau. Il salua la famille installée dans la loge, un sourire aimable aux lèvres. Il regardait Aurore d’un air si doux qu’elle se sentit soudain plus importante. Sa tante paraissait très excitée...
« Ma nièce, dit son oncle, je te présente M. Lacrole. Tu as probablement entendu parler de son père, qui possède ces grosses usines d’acier… et auquel il succèdera prochainement.
— Voilà qui est très courageux, fit remarquer Sophie Delambre. N’est-ce pas, Aurore ?
— Il est vrai que cela doit être un travail éprouvant, et difficile. »

Étape n°6 : manuscrit corrigé sur les conseils de l’éditeur (auteur n°4)
Avril 1888.
Le théâtre des Variétés était splendide : les dorures des loges qui entouraient la salle et le cristal de l’immense lustre étincelaient au milieu des fauteuil de velours rouge. La salle frémissait de vie et de gaieté. Aurore contemplait avec délice cet univers radieux ; les spectateurs semblaient avoir été assortis au décor. Se sentant soudain observée, elle baissa les yeux sur les spectateurs installés à l’orchestre. Elle ne s’était pas trompée. Un jeune homme l’observait depuis son siège, ses jumelles de théâtre devant les yeux. Rougissant légèrement, Aurore se força à reporter son attention sur le spectacle, où deux jeunes fiancés bavardaient avec émotion sous le regard attendri de leurs parents. Mais elle ne cessait de penser à celui qui l’observait. C’était sûrement lui, le jeune homme si bien dont lui avait tant parlé sa tante, et qu’elle désirait lui voir épouser… Sophie avait laissé entendre à sa nièce que la rencontre aurait probablement lieu “par hasard” ce soir-là, et qu’elle avait intérêt à se montrer douce et séduisante. Un regard furtif lui permit de s’apercevoir que le jeune homme la regardait toujours. Ne sachant que faire, ni quelle contenance adopter, elle se contenta de fixer les acteurs comme si elle n’avait rien remarqué. Soudain, elle fut tirée de sa gêne par un tonnerre d’applaudissements : le rideau se baissait ; c’était l’entracte. A présent, son cœur battait la chamade : dans quelques instants, elle serait face à son futur fiancé. Il s’appelait Jean Lacrole, était riche et promis à une brillante carrière. Elle ne savait comment faire bonne figure. Certes, on la disait jolie, mais combien de fois ne lui avait-on reproché ses mauvaises manières et sa façon trop directe de s’exprimer ?
Soudain, la porte de la loge s’ouvrit sur un jeune homme blond et avenant d’une trentaine d’années. Vêtu avec recherche, il était plutôt beau. Il salua M. Delambre, fit un baise-main à Madame Delambre, puis un autre à Aurore, un sourire aimable aux lèvres. Il posa sur la jeune fille un regard tendre qui la rassura. Sa tante paraissait très excitée...
— Ma nièce, dit son oncle, je te présente M. Lacrole. Tu as probablement entendu parler de son père, qui a su faire prospérer ses grosses usines d’acier… et auquel il succèdera prochainement.
— Voilà qui est très courageux, fit remarquer Sophie Delambre. N’est-ce pas, Aurore ?
— Il est vrai que cela doit être un travail éprouvant, et difficile.

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