l’amour triomphera toujours !
Par mémésuper le 28/01/2010
Fanny se mirait dans un luxeux miroir doré plaqué au mur. Sa frêle silhouette élancée et son teint pâle lui donnait l’air malade.Elle admirait toutes ces robes, qui lui faisait très envie. Soudain, elle s’emparra d’une et se glissa derrière un parravant pour se changer. N’avait-elle pas ôter un soulier qu’elle se ravisa et reposa la robe sur un canapé.Elle avait bien fait car quelques secondes plus tard, un homme d’un certain âge entra dans la pièce, sans prévenir. -Bonsoir madame, dit-il à Fanny. Belle soirée, n’est-pas ? -Oui, répondit la corsetière toute génée. Oui, mais il est frais. Elle songea un instant qu’elle pouvait parraître pitoyable, mais l’homme avait visiblement envie de faire un brin de causette. Voyant, qu’elle était très absente et restait de marbre, il se ravisa et sortit de la pièce à grand pas. Par la suite, elle ne se souvint même pas avoir retenu son nom, ni qui il était. Elle repensa à Martin. -Que pouvait-il bien faire, se demanda t-elle, intérieurement. Elle se surprit à grignoter. Bientôt, tous les gâteaux eurent disparus !
Peu de temps après, Martin revint. Il trouva sa maîtresse bien pâle. Il lui demanda : -Êtes-vous souffrante mon enfant ? -Non, ça va, lui répondit-elle.C’est toute cette agitation qui me monte à la tête ! Il tenait un magnifique bouquet de roses fraîches dans la main gauche et tendit la droite à sa bien-aimée. Il ne savait pas comment lui présenter son cas. Devait-il lui annoncer de façon explicite, ou risque de la choquer, ou continuer à lui mentir ? Une fois sa décision prise, il demanda à la jeune-femme :
Comme je ne puis t’emmener au bal, étant donné mon rang social, je te propose d’aller nous promener. Une fois de plus, leurs pas les menèrent au bord du Vieux Danube. Puis, ils s’assirent sur un banc de bois et de fer forgé et admirèrent le soleil décliné dans le ciel. Un fiacre passa sur le chemin derrière eux. Ils ne se parlaient pas. Seul le clapotis de l’eau venait troubler ce silence religieux. De majestueux cygnes blancs nacrés venaient rejoindre le rivage pour la nuit, tels du coton voguant sur l’eau scintillante du soir. Soudain, Martin se décida à rompre cette harmonie parfaite, ce calme reposant : -Ecoute Fanny, il faut que je t’explique tout. Pressentant une grosse émotion, la corsetière lança d’une voix faible et mal assuré : -Oui ? -Je dois t’expliquer, te raconter ma vie, qui je suis vraiment, et ce quelles sont mes fonctions. Fanny ne répondant pas, Martin continua sur sa lancée : -Le monsieur qui est venu te trouver chez toi est le comte de Waldaw. C’est mon père. Il t’a raconté la vérité. Je suis le vicomte Frédéric de Waldaw. Mais, ma petite Fanny, je t’aime à la folie, je t’aime plus que tout au monde. Je suis prêt à fuir avec toi, pour faire ma vie avec toi. Je t’ai menti parce que je t’aime tellement. Et, je ne voulais pas prendre le risque de te perdre. Je me contrefiche de mon rang social. Ce que je veux c’est finir ma vie à tes côtés. Si tu acceptes, nous fuirons Vienne dès demain matin, à la première heure. -Tout ce que tu as fait pour moi, répondit Fanny complètement abasourdie. Tu as menti à tout le monde, juste pour moi ! -Tu m’en veux ? demanda le vicomte tout penaud. -Absolument pas. Martin saisit la main de sa bien-aimée et l’embrassa passionnément. Un frisson parcourut l’échine de la jeune femme. Jamais un couple n’avait semblé être aussi heureux.