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Concours fan fiction Intruse

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Que va-t-il arriver à Fanny, la jeune corsetière que l’amour a poussé à s’introduire clandestinement à la Cour de Vienne ? Car une corsetière n’a pas le droit de côtoyer les Grands des Cours européennes… Encore moins quand les batailles diplomatiques y font rage pour instaurer la paix en Europe !

C’est désormais à toi d’écrire l’Histoire ! Invente la suite de l’extrait (cliqueici pour le lire) en respectant le style de narration (usage de la troisième personne du singulier) et gagne peut-être un exemplaire dédicacé d’ Intruse  !

Les gagnants seront désignés par un système de vote : tu peux désigner tes fan fictions préférées en notant les différentes fan fictions participantes. Les 15 fan fictions ayant les meilleures notes seront ensuite envoyées à l’auteur, Nicolas Jaillet, qui en choisira 10 parmi elles. Les gagnants recevront un exemplaire dédicacé !

Le concours prend fin le 27 janvier à minuit.

Attention : en ce qui concerne les commentaires sur les fan fictions, la courtoisie est de mise ! Aucune menace ni attaque ne seront acceptées ! Les critiques sont les bienvenues, mais quand elles sont construites et non purement gratuites et méchantes.

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intruse || les adieux

Par makkuro neko le 27/01/2010

Oui, décidément, Fanny était bien la fille qu’il lui fallait. Mais comment faire comprendre cela à son père ? Ce dernier avait été clair, quand on est vicomte de Waldaw, on ne se marie pas par amour. Et il y avait ce contrat...

Fanny commençait à trouver le temps long. Depuis combien de temps Martin était-il sorti ? Elle fit le tour de la pièce pour la énième fois, caressant soie et mousseline du bout des doigts, se demandant quel effet cela ferait de porter un vêtement d’une telle beauté. Délicatement, elle attrapa une robe qui avait attiré son regard. En mousseline, d’un blanc neigeux, elle était magnifique. La jeune fille soupira. Que n’aurait-elle pas donné pour porter de tels atours ! Et après tout... Pourquoi pas ? Discrètement, elle ouvrit la porte donnant sur la salle de bal. Riant, dansant ou discutant avec animation, personne ne semblait avoir l’intention de se diriger vers la pièce où elle était sensée attendre sagement son amant. Mais sage, elle ne l’était pas : elle referma la porte aussi discrètement qu’elle l’avait ouverte et se saisit d’un corset.

- Mr Le Vicomte ! Frédéric se retourna en entendant son titre prononcé. Un domestique s’inclina devant lui.
- Votre père vous fait demander dans la salle de bal. « C’est bien le moment ! »
- Merci. Je le rejoins tout de suite. Vous pouvez disposer. Mais le serviteur resta interdit. Fronçant des sourcils, il fixait le plateau que le jeune homme tenait toujours à la main.
- Ah oui ! J’avais oublié : Veuillez ramener ce plateau en cuisine. Sans ménagement, il se débarrassa de l’objet, le laissant dans les mains du valet, toujours immobile. Ébahis, ce dernier regarda le vicomte s’éloigner à grands pas. Puis il haussa les épaules et reparti en direction des cuisines.

Fanny regarda son reflet dans le miroir. Sa longue chevelure blonde retombait en cascade sur ses épaules. La robe qu’elle avait choisie lui allait à merveille. Elle sourit. Si Martin pouvait la voir ainsi. Non, pas ainsi... Si elle voulait ressembler à une grande dame, autant faire les choses jusqu’au bout. Elle saisit un ruban beige d’une main et releva ses cheveux de l’autre. Elle allait se rendre méconnaissable. Pour lui.
- Qu’est-ce que vous faîtes ici ? Fanny sursauta. Toute à ses rêveries, elle avait oubliée de surveiller la porte. Maintenant il était trop tard pour se cacher. Elle se retourna pour faire face à la jeune femme qui venait d’entrer dans la pièce.
- Je refais ma toilette. Nous avons eu des problèmes sur la route avec l’attelage, on vient juste d’arriver. En silence, elle remercia Dieu de lui avoir donné cette imagination hors du commun, lui donnant ainsi la capacité de s’en sortir dans les situations les plus périlleuses.
- Et où sont vos gens ?
- J’ai été obligée de laisser ma camériste à la maison, et je ne peux tout de même pas demander à mon valet de s’occuper de ma toilette ! L’aristocrate sourit.
- Je comprend. Mais vous n’allez pas vous en sortir seule. Laissez-moi vous aider. Sans attendre la réponse, la jeune femme saisit une brosse et commença à coiffer les cheveux de Fanny. Cette dernière en profita pour l’observer dans le miroir. Elle semblait plus vieille qu’elle. Ses cheveux bruns entouraient un visage doux et harmonieux. Souriant, elle parlait à Fanny comme à une égale, sans se douter qu’elle n’était qu’une roturière.
- Je ne vous avais encore jamais rencontré. Quel est votre nom déjà ?
- Frida, Frida de Töller.

- Père, vous avez demandé à me voir ? Coupant court à une discussion politique, le Comte se tourna vers son fils, un grand sourire éclairant son visage. Mais ce sourire n’avait rien de bienveillant : c’était un sourire de victoire.
- Mes amis, j’ai une grande nouvelle à vous annoncer ! Le Comte saisit son fils par l’épaule, le tournant vers plusieurs visages intrigués.
- Mon fils vient de se fiancer !

La jeune femme qui l’avait surprise s’appelait Elizabeth. Elizabeth de Beaufonds. Anglaise d’origine, elle s’était mariée avec un noble français que la guerre venait de lui enlever. Elle espérait garder une place d’importance dans le monde de la noblesse grâce à un mariage avantageux. Fanny et elle sympathisèrent rapidement et c’est ensemble qu’elles firent leur entrée dans la salle de bal. Fanny en eut le souffle coupé. Ici, des tourbillons de couleurs : rose, vert, bleu, jaune. Les robes des belles dames formaient un arc-en-ciel ondoyant au rythme de la musique. Les hommes les touchaient comme si elles étaient de porcelaine. Les musiciens entamèrent une valse.

Perdu dans ses pensées, Frédéric regardait les gens autour de lui d’un air distrait sans écouter la discussion qui avait reprit entre son père et les autres diplomates. Fiancé... Bien sûr, il était au courant. Mais il n’arrivait pas à se faire à cette idée. L’idée qu’il ne pouvait choisir d’épouser la femme de son choix. La femme dont il ne pouvait pas se passer. Fanny. Mais il ne pourrait jamais l’épouser. Son père avait été clair. Il y avait eu de nombreuses disputes entre eux à ce propos. Ils n’avaient réussi à trouver un accord qu’après des semaines de regards noirs et de cris. Si Frédéric arrivait à faire annexer de nouvelles terres au duché de son père pendant la répartition des territoires français, il pourrait épouser qui lui bon lui semblerait. Sinon, il devrait épouser la fille que son père aurait choisit pour lui. Et il avait échoué... Oh Fanny ! Pardonne-moi !
- Je viens d’apprendre la nouvelle. Félicitation ! Frédéric leva la tête. Le tsar en personne venait le féliciter. Peut-être était-ce que pour enfoncer un peu plus le couteau dans la plaie ? « Ne sois pas stupide ! Il n’est même pas au courant de cet accord ». Le jeune homme sourit chaleureusement.
- Je vous remercie.
- J’espère que vous me présenterez la demoiselle.
- Je ne sais pas si vous la connaissez, intervint le comte. Elizabeth de Beaufonds. Regardez, je crois que je l’aperçois là-bas. La jeune fille brune avec la robe rose. Frédéric soupira. Empêcher le bonheur de son fils pouvait visiblement rendre un homme heureux.
- Et qui est cette belle jeune femme qui l’accompagne ? J’ai rarement vu une telle beauté. Le jeune homme jeta un œil rapide vers la jeune personne désignée. Tout d’abord, Il ne la reconnut pas. Belle auparavant, elle resplendissait maintenant. Ses cheveux, relevés en un haut chignon ne laissaient retomber devant ses yeux que quelques mèches rebelles. Sa peau d’ivoire, poudrée, semblait maintenant de porcelaine. Ses yeux bleus pétillaient de joie. Sa robe, cintrant légèrement sa taille, la rendait encore plus désirable qu’il n’aurait pu l’imaginer.

- Il faut absolument que je vous présente mon fiancé ! Tenant son amie par la main, Elizabeth se dirigeait d’un pas décidé vers un coin de la pièce où la conversation semblait être animée, tout en vantant les qualités de son futur mari.
- Il est riche, cela va de soi ! Mais jeune et beau ! Et galant qui plus est ! Lorsqu’elle arriva enfin devant le fameux fiancé, la jeune fille s’arrêta, confuse, ne comprenant pas ce que faisait Martin devant elle. Puis tout ce fit clair dans son esprit. Fièrement, Elizabeth de Beaufonds fit les présentations :
- Frida, puis-je vous présenter mon fiancé : le vicomte Frédéric de Waldaw.

Ce fut comme ci tous les musiciens s’étaient arrêtés de jouer, comme si les danseurs avaient cessé de danser. Plus de bruit, plus de mouvement. Seulement un regard. Désespéré, triste. Choqué, déçu. Pas besoin de parole. Elle comprenait. Il l’aimait malgré tout. Lentement, comme dans un rêve, elle inclina la tête. Il fit de même. Bientôt, il n’arrivait pas à se rappeler comment, ils se trouvèrent au milieu des danseurs. Elle aurait aimé lui cacher ses larmes. Emportés par la musique, emportés par leur amour, ils tournèrent, tournèrent. Légers, sans autre pensé que celle de l’autre. La musique s’arrêta. A contre-cœur, elle s’écarta de lui. Il aurait aimé la retenir. Il savait qu’il ne la reverrai plus. Il ne la quitta pas du regard avant que la foule ne l’ai complètement avalée. Adieu mon amour...

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