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Lecture Academy

Emilie Frèche, l’auteur de Je vous sauverai tous

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Les actualités livres - 31 janvier 2017

Cela fait presque un mois que Je vous sauverai tous,  le roman bouleversant d’Emilie Frèche, a paru. Elle nous y présente deux journaux intimes fictifs qui se répondent l’un l’autre : celui d’une mère qui essaie de comprendre comment sa fille a pu se laisser embrigader jusqu’à rejoindre Daesh et celui que tenait cette dernière l’année précédent son départ et au travers duquel nous assistons, impuissants, à sa radicalisation progressive.

Emilie Frèche n’en est pas à son premier combat contre la radicalisation. Elle en a même fait son cheval de combat dans plusieurs de ses romans et dans les scénarios sur lesquels elle a travaillé. Nous lui avons posé quelques questions, pour que vous puissiez en savoir plus sur cet auteur engagée dans l’un des combats les plus fondamentaux de notre société actuelle.

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Qu’est-ce qui vous motive à écrire sur des sujets comme la lutte contre le racisme ou l’antisémitisme?

Le fait insupportable qu’on puisse reprocher à quelqu’un d’être simplement ce qu’il est. Parce que les gens sont ce qu’ils font, évidemment. Mais ça ne veut pas dire que la question de l’identité n’est pas importante. Elle est fondamentale, au contraire. Et je crois que c’est elle que je questionne dans tous mes livres.

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous adresser pour la première fois à un publics d’adolescents et de jeunes adultes ?

Le sujet. Les adolescents sont les premières cibles des recruteurs. J’avais donc envie de m’adresser à eux. Mais sans leur donner de leçon. Sans leur dire « attention, le djihad, ce n’est pas bien! », mais plutôt « regardez, voilà comme ça se passe; voilà comment on se fait choper sur internet, comment en quelques semaines, on rompt avec sa famille, ses amis, la jeune fille ou le jeune homme qu’on a été, voilà comment on brise ses parents et on se retrouve dans un pays en guerre ». La fiction permet un processus d’identification, et me semble être à ce titre un formidable outil pédagogique de prévention.

Et pourquoi avoir choisi le sujet de l’embrigadement ?

 Ce qui m’a poussé à écrire sur l’embrigadement, c’est un article paru dans le M du Monde en 2014 : le portrait d’un père qui était parti chercher sa fille en Syrie. J’étais stupéfaite. Je me disais comment une jeune Française née sur notre territoire et ayant grandi à l’école de la République peut se réveiller un matin avec une telle haine de la France, partir en Syrie, et se réjouir des attentats commis sur notre sol ?? Ce cauchemar procédait d’un basculement psychologique totalement opaque à mes yeux. J’ai écris pour tenter de le comprendre. Et au bout du compte, pour en avoir sans doute un peu moins peur.

Un avis

  • Avatar de francoise

    tant de crainte si peu de reponse on peut tenter de comprende mais on ne sera jamais dans la tete des gens meme si se sont ses propres enfants!