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Concours fan fiction Intruse

Concours fan fiction Intruse

Que va-t-il arriver à Fanny, la jeune corsetière que l’amour a poussé à s’introduire clandestinement à la Cour de Vienne ? Car une corsetière n’a pas le droit de côtoyer les Grands des Cours européennes… Encore moins quand les batailles diplomatiques y font rage pour instaurer la paix en Europe !

C’est désormais à toi d’écrire l’Histoire ! Invente la suite de l’extrait (cliqueici pour le lire) en respectant le style de narration (usage de la troisième personne du singulier) et gagne peut-être un exemplaire dédicacé d’ Intruse  !

Les gagnants seront désignés par un système de vote : tu peux désigner tes fan fictions préférées en notant les différentes fan fictions participantes. Les 15 fan fictions ayant les meilleures notes seront ensuite envoyées à l’auteur, Nicolas Jaillet, qui en choisira 10 parmi elles. Les gagnants recevront un exemplaire dédicacé !

Le concours prend fin le 27 janvier à minuit.

Attention : en ce qui concerne les commentaires sur les fan fictions, la courtoisie est de mise ! Aucune menace ni attaque ne seront acceptées ! Les critiques sont les bienvenues, mais quand elles sont construites et non purement gratuites et méchantes.

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aimez-vous les valses ?

Par Mei le 25/01/2010

Les cordes s’accordaient dans la salle de bal. Songeuse, Fanny observait le plafond avec un intérêt grandissant de minutes en minutes. Fréderic devait déjà être loin, maintenant, sûrement trop occupé pour se soucier d’elle. Fanny, afin de tromper son ennui, se saisit d’une robe pour en examiner les riches atours. Jamais elle ne pourrait revêtir pareille merveille de toute sa vie. Elle était corsetière. Et pourtant, la jeune femme se mit à rêver, en serrant contre elle la superbe robe : Martin, élégant, l’invitait à danser avec beaucoup d’égard. La musique était douce, et Fanny riait dans sa robe vaporeuse, les bras de son aimé entourant sa taille avec douceur. Il la complimenterait à l’oreille, parce qu’elle était plus belle que toutes les femmes de la Cour, puis il lui dirait…
- Que faites-vous ici ?!

Retour à la réalité. Un homme qui portait une tenue relativement semblable à la sienne lui faisait face, menaçant. A la vue de l’arme dont s’était saisi l’inconnu, Fanny en oublia toutes ses histoires abracadabrantes : elle sursauta, et se leva d’un bond. Ses doigts se crispèrent nerveusement sur la robe. La peur se diluait en son être comme de l’encre dans de l’eau. La jeune femme eut alors le reflexe de se saisir d’une cape, posée sur le canapé, qu’elle lança à la tête de l’homme pour l’aveugler. Cours ! ordonna-t-elle à ses jambes. Elle dévala les escaliers quatre à quatre, tandis que les pas de son poursuivant raisonnaient à sa suite. Martin ! appelait intérieurement Fanny, en sentant les larmes lui venir aux yeux.
- Arrêtez-le ! s’exclama d’une voix forte l’homme à ses trousses, quand elle quitta sa cachette pour courir dans les couloirs du palais.

Et sans savoir comment, Fanny se retrouva dans un petit salon. La respiration haletante, elle fixa la robe qu’elle avait malencontreusement emportée avec elle en fuyant… Il ne fallait pas que ces hommes – qui étaient-ils d’ailleurs ? – ne la retrouve. Ils l’emprisonneraient très certainement. Le salon semblait vide. La jeune femme se débarrassa donc de sa tenue d’homme, afin de revêtir la superbe robe volée. Elle n’avait pas le choix : ils poursuivaient un homme, pas une femme.

- Et bien, et bien… commenta soudain une voix amusée derrière son dos.

Fanny, arrêta de se débattre avec sa robe, pour se tourner brusquement en direction de la voix : un homme richement habillé venait d’entrer, et il la détaillait avec une surprise mêlée d’amusement, une coupe de champagne à la main. La jeune femme s’empourpra immédiatement. Puis la gêne se transforma aussitôt en une colère feinte :
- Parce que vous trouvez cela amusant, monsieur ?! s’exclama Fanny, caricaturant une noble qu’elle avait déjà servie dans sa boutique de corsets. Frida Töller, cette petite empotée, a disparu sans laisser de traces ! Cette incapable ! Disparue sans même m’indiquer le salon d’essayage ! Elle est sûrement trop occupée à batifoler avec Martin, le valet de pied ! Ah, vraiment ! Et il serait très inconvenant d’arriver en retard lors d’un bal aussi important que celui-ci, ne croyez-vous pas, Monsieur ?!

Au loin, Fanny pouvait entendre les cris de ses poursuivants. Ses yeux croisèrent ceux de l’inconnu, qui caressait ses longs favoris roux, songeur.

- En effet, cela serait très grossier… finit-il par marmonner.

L’avait-il cru ?

Et sans un mot, il posa son verre pour s’approcher de Fanny. Elle s’empêcha de tressaillir lorsque l’homme l’aida à fermer le dos de sa robe, avec une habilité qui laissa la jeune femme sans voix.

- C’est très aimable à vous…

Valses et Menuets résonnaient non loin d’eux. Le bal allait commencer.

- Puis-je connaître votre nom, madame… ? s’enquit alors l’inconnu.

- Qui êtes-vous donc pour ne pas me reconnaître ?! Je suis Stéphanie, Marquise de Wissenbrau, se présenta-t-elle, en mimant un léger accent germanique. La petite cousine du Tzar !

L’étrange inconnu eut un sourire amusé, qu’il réprima immédiatement, pour adopter un sérieux affecté. Il exécuta une révérence des plus respectueuses à l’égard de Fanny.

- Pardonnez-moi cette erreur, Madame.

Fanny entendait les cris s’éloigner dans les couloirs du palais. Ils avaient perdus sa trace. Maintenant, elle devait retrouver Martin, et lui demander de l’aide. Lui saurait quoi faire…

- Aimez-vous les valses ? demanda soudain l’étrange inconnu, sortant ainsi Fanny de ses rêveries.

- Je vous demande pardon ? marmotta la jeune femme, tandis que l’inconnu lui saisissait déjà le bras, pour l’entraîner avec lui en direction de la salle de bal.

Plus ils s’avançaient, plus la musique faisait vibrer le sol.

- Non, attendez…

- Parce que moi, j’adore les valses, “petite cousine”…

Le cœur de Fanny eut un raté. Un sourire goguenard s’étira sur les lèvres de l’homme. Fanny devint aussi pâle qu’un fantôme.

- Le Tzar, murmura-t-elle, sonnée.
- En personne ! s’exclama-t-il, désinvolte.

Et elle se laissa projeter sous la lumière aveuglante de la salle de bal...

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